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L’environnement subaquatique, c’est une question de but !
le 7 octobre 2009, par Alain Place

L’environnement subaquatique tente un retour en force. Quoi de plus naturel, les menaces sur notre environnement sont réelles, les conséquences tout autant, même si leur ampleur est souvent difficile à prévoir. Les actions pour en limiter les dégâts commencent à poindre timidement.

Il est donc normal qu’une activité comme la nôtre, qui se déroule dans un milieu où nous sommes plus des intrus que des composantes de la biodiversité, s’intéresse à cet environnement subaquatique qui nous est initialement étranger et qui est manifestement fragile.

Mais pourquoi un retour, pourquoi pas la continuité, voire le renforcement ?

Je pense que c’est une question de but !

Pour mémoire, à la FFESSM l’environnement subaquatique s’appelait Commission Biologie (elle s’appelle toujours Biologie et Environnement). Toujours pour mémoire, il y a une dizaine d’années, le slogan était « Ne plongez pas idiot, plongez bio ! »

A supposer que l’on soit idiot parce qu’on ignore tout de la parade amoureuse de la bonellie, est-on pour autant non respectueux de l’environnement qui nous accueille pour notre activité favorite ? Est-ce que celui qui croit qu’un banc de gorgones appartient au règne végétal prendra un malin plaisir à le ravager à coups de palmes ? Et que dire de celui qui classe la tortue luth parmi les mammifères marins comme le manchot empereur !

Nos deux fédérations sont d’accord au moins sur une chose, les plongeurs doivent être respectueux de l’environnement. L’environnement subaquatique doit être une épreuve à part entière à tous les niveaux des brevets techniques et d’encadrement, nous sommes d’accord.

Quel est le but ? De savoir que la tortue luth appartient au groupe des Dermochelyoidae ? Alors je ne vois pas ce que ça fait dans la formation technique. On peut plonger avec beaucoup de plaisir, pas trop bêtement et en sécurité sans savoir cela. Pour ma part je l’ignorai totalement avant d’écrire ces lignes...

Si, en revanche, le but est de savoir que la gorgone ne se déplace pas en banc mais vit fixée, que son rythme de croissance est très lent, qu’elle est sensible aux variations de température et aux agressions physiques et qu’elle vit dans des endroits exposés au courant car elle se nourrit en filtrant le plancton qui passe à sa portée, je dis bravo !

Que dans la foulée on apprenne qu’elle appartient au règne animal, embranchement des cnidaires, c’est bien mais c’est secondaire. Que certains sachent que son petit nom est Paramuricea clavata, ça les regarde.

On pourra dire que l’environnement subaquatique se sera vraiment implanté dans notre pratique quand, à une question du type « citez 4 espèces protégées de Méditerranée en indiquant leur lieu de vie », on aura 18/20 sur toutes les copies et que parallèlement, les responsables des clubs qui nous accueillent nous féliciteront pour notre comportement sur et sous l’eau !

Au fait, n’est-ce pas déjà un peu comme ça ? Si, mais un peu seulement ! Alors Mesdames et Messieurs qui allez conduire la destinée de l’Environnement Subaquatique dans notre fédération et dans nos clubs, ne vous trompez pas de but...

Alain Place

E3 FSGT


Cet article n’engage que son auteur et non la Commission Environnement Subaquatique.

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