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Préparation des mélanges

Sommaire

 Introduction

Qui dit plongée aux mélanges dit... préparation des mélanges ! Qu’il s’agisse du nitrox ou du trimix, différentes solutions sont disponibles, plus ou moins adaptées à nos clubs.

Cet article ne prétend pas faire le tour du problème, il n’a pour but que de fournir quelques éléments aux clubs qui envisagent de préparer eux-mêmes leurs mélanges. La lecture de l’article ci-dessous ne dispense pas d’une formation spécifique à la préparation des mélanges gazeux destinés à la plongée. L’un des objectifs de la plongée aux mélanges est l’amélioration de la sécurité, il est évident que cela doit être pris en compte dès la préparation des gaz !

 Principales méthodes

1 - Pressions partielles (méthode séquentielle)

Il s’agit de remplir les blocs de plongée directement à partir de bouteilles d’oxygène ou d’hélium de grand volume (B50, 50 litres) jusqu’à une pression pré-calculée, puis de compléter le gonflage avec l’air fourni par un compresseur. Malgré sa simplicité (merci Dalton) et son coût assez faible, cette méthode présente des inconvénients majeurs :

Cette méthode permet cependant d’obtenir n’importe quel taux d’oxygène dans le mélange, contrairement aux deux méthodes ci-dessous ; c’est également la plus accessible pour le transfert d’hélium (sans nécessité dans ce cas d’utiliser des blocs compatibles oxygène).

2 - Compresseur à membrane (tamis moléculaire)

A l’origine, ce système était utilisé pour produire de l’azote pur, l’air suroxygéné n’étant qu’un sous-produit ; on extrait une partie de l’azote contenu dans l’air et on récupère un mélange contenant donc plus de 21% d’oxygène. C’est la solution royale pour la fabrication du nitrox à grande échelle car elle ne nécessite aucune source d’oxygène autre que l’air qui nous entoure.

Avantages :

Inconvénients :

Cette méthode est finalement peu adaptée aux besoins d’un club associatif.

3 - Mélangeur basse pression (stick)

Cette méthode consiste à mélanger de l’oxygène pur et de l’air à la pression atmosphérique, avant injection à l’entrée d’un compresseur standard (mais néanmoins le plus « propre » possible). Le système comporte au minimum :

Le taux d’oxygène est ajusté en jouant sur le débit d’oxygène pur à la sortie de la bouteille.

En complément, une électrovanne de sécurité devrait être insérée dans le circuit d’injection de l’oxygène ; pilotée par l’analyseur, elle ne doit s’ouvrir que si le mélange contient au plus 40% d’oxygène et que le compresseur est en marche.

Il est possible de réaliser soi-même un tel système, mais nous ne saurions trop vous recommander la plus grande prudence. Il existe des systèmes tout faits présentant de nombreux avantages :

Le taux d’oxygène dans le mélange est ajusté en jouant sur le débit d’oxygène pur.

Des versions évoluées permettent de fabriquer du trimix, à partir de deux B50 (oxygène et hélium).

Lorsque l’on souhaite réaliser des gonflages à l’air, le système reste en place (bouteille d’oxygène et éventuellement d’hélium fermées, alimentation électrique débranchée), le seul inconvénient pouvant être une légère perte de charge si le système mélangeur est muni de chicanes (débit du compresseur inférieur à sa valeur nominale).

Ce système est utilisé par de nombreux petits clubs, par exemple l’ES Vitry (stick nitrox) et l’US Ivry (stick trimix).

 Analyse

Quelle que soit la méthode utilisée, le technicien préparant les mélanges est tenu d’analyser le contenu de chaque bouteille préparée et d’indiquer sur celle-ci, conformément à l’article A. 322-93 du Code du Sport :

Il doit également remplir un registre de gonflage conforme à l’article A. 322-93 ; chaque ligne du registre doit indiquer :

Ce registre doit rester dans le local de gonflage de manière à pouvoir être présenté en cas de contrôle par les autorités de tutelle.

L’article susmentionné exige également que l’utilisateur final ré-analyse le contenu de la bouteille et note sur celle-ci :

Au moment de l’analyse, attention à l’effet Venturi qui peut conduire, par aspiration d’air ambiant, à des erreurs importantes dans la mesure du taux d’O2 ou d’He !

 Où trouver les gaz ?

Hormis lorsque l’on utilise un compresseur à membrane, la fabrication du nitrox requiert de disposer d’une grande réserve d’oxygène pur. La fabrication du trimix, de son côté, nécessite dans tous les cas une grande réserve d’hélium.

Plusieurs fournisseurs proposent des B50 en location, pour environ 75 € par an et par bouteille, le gaz étant facturé à part (de l’ordre de 4 €/m3 pour l’oxygène et 22 €/m3 pour l’hélium).

 Calcul des mélanges

Selon la ou les méthodes employées, la fabrication d’un mélange nécessite quelques calculs. S’ils peuvent être effectués manuellement (cela figure dans nos cursus de formation), l’utilisation d’un logiciel dédié facilite et fiabilise ces calculs. Il en existe plusieurs, pour PC, pour PDA et même pour téléphone mobile (il n’y a pas toujours un PC dans le local compresseur). Certains logiciels proposent d’utiliser l’équation d’état de Van der Waals pour améliorer la précision des mélanges obtenus !

Nous utilisons et vous conseillons DiveMix, complet, simple d’emploi et gratuit.

 Conclusion

La fabrication de nitrox ou de trimix au sein des clubs associatifs est aujourd’hui possible moyennant un investissement raisonnable, une formation des personnes responsables de la préparation et beaucoup de rigueur. Les coûts récurrents sont acceptables, surtout si le volume produit est important (amortissement de la location des B50). Rien d’insurmontable lorsque l’on considère les avantages du nitrox et les perspectives offertes par le trimix !

La FSGT ne propose pas de formation de technicien mélangeur, car le public potentiel d’une telle formation est faible. Il est recommandé de faire appel à d’autres organismes ou à défaut de suivre une formation sur le tas avec un technicien expérimenté (mais avec l’inconvénient dans ce cas de n’avoir aucune « preuve » de formation).


Remerciements à Joël Prax (Diving Equipement) et à Didier Lefèvre (TDI France).